Le rôle des actionnaires dans l’analyse financière

Hormis le cas d’une firme privée (personnelle, familiale, patrimoniale), les actionnaires ne sont pas dirigeants. Situés en dehors de la société, ils ne disposent que des informations que la loi impose qu’on leur remette, éventuellement complétées d’une information volontaire de la société. Paradoxalement, les actionnaires disposent de relativement peu d’informations.

La loi prévoit que, selon que la société est cotée ou non, une information périodique soit remise aux actionnaires, essentiellement par les comptes annuels (ou semestriels). Ils peuvent également consulter des documents préalablement à l’assemblée générale; sous conditions, les actionnaires disposent également d’un droit d’expertise. L’actionnaire doit disposer d’une vue synthétique de la situation économique et financière de la société pour vérifier l’application des orientations de politique généra le et apprécier le travail des dirigeants. Les questions posées par l’actionnaire sont connues:

  • La société est-elle bien gérée?
  • Faut-il ou non voter les résolutions ?
  • Quelle est l’affectation optimale du résultat de l’exercice ?
  • Faut-il ou non conserver les actions ?
  • La rentabilité et le rendement obtenus rémunèrent-ils le risque?

Il cherche à apprécier la rentabilité globale de son action (rémunération directe et évolution de la valeur du titre) et le risque qu’elle présente (degré d’aléa portant sur le dégagement de rentabilité future) . La recommandation issue de l’analyse s’exprimera donc en termes de conservation ou cession de l’action et de soutien ou de rejet des dirigeants de la société. Au diagnostic classique, s’ajoutent une problématique particulière relative à la performance du titre et une recommandation sur le maintien ou non de l’ investissement dans la société (renvoyant implicitement à sa valorisation). Pour les actionnaires potentiels, qui s’intéressent à un investissement en actions, la démarche est identique mais la recommandation est relative à leur décision positive ou négative d’achat de l’action (décision positive si l’espérance de rentabilité rémunère le risque supporté).